Edito

Les vacances d’été s’achèvent, laissant place au mois de septembre. A la librairie, nous nous préparons à faire nos deux rentrées. Deux rentrées ? Eh bien oui. La rentrée scolaire, qui amène avec elle sa cohorte d’auteurs classiques, et la rentrée littéraire, qui pousse sur le devant de la scène les écrivains contemporains. Et tandis que Molière, Albert Camus et Madame de Lafayette font face à Léonor de Récondo, Lydie Salvayre et Sorj Chalandon, vos libraires surveillent les réimpressions des manuels scolaires tout en scrutant les listes des prix littéraires. Nous en profitons d’ailleurs pour lancer celui de la librairie : le prix des lycéens Effets de Pages 2022. Au programme, de belles découvertes en littérature adolescente sélectionnées tout au long de l’année par l’équipe de la librairie. Avis aux lycéens : les lecteurs qui le souhaitent peuvent venir s’inscrire à la librairie pour faire partie du jury !

Agenda

Prix des Lycéens Effets de Pages - Inscriptions ouvertes à la librairie

Le vendredi 1er octobre à 19h30 : soirée de présentation de la rentrée littéraire à la médiathèque municipale de l'Isle-Jourdain. Les libraires et les bibliothécaires vous présentent leurs coups de coeur. Gratuit, sur inscription. Le pass sanitaire sera demandé.

A paraître

  • Une farouche liberté – G. Halimi et A. Cojean – Ed. Livre de poche – 7.20 EUR – le 8 septembre
  • De soleil et de sang – J. Loubry – Ed. Livre de poche – 8.20 EUR – le 1er septembre
  • Sans jamais atteindre le sommet – P. Cognetti – Ed. Livre de poche – 6.90 EUR – le 1er septembre
  • Bénie soit Sixtine – M. Adhémar – Ed. Pocket – 7.60 EUR – le 2 septembre
  • Les Graciées – K. Millwood Hargrave – Ed. Pocket – 7.95 EUR – le 2 septembre
  • Ce lien entre nous – D. Joy – Ed. 10/18 – 7.50 EUR – le 16 septembre
  • Un garçon sur le pas de la porte – A. Tyler – Ed. 10/18 – 7.50 EUR – le 16 septembre

Derniers coups de coeur

  • Seule en sa demeure

    Cécile Coulon - Ed. L'Iconoclaste

    Très inspirée, Cécile Coulon revisite avec brio le roman gothique et nous transporte au XIX ème siècle. Lorsqu'Aimée quitte ses terres d'enfance pour rejoindre le mari que son père a choisi pour elle, la jeune femme innocente et réservée n'a pas conscience de lier son existence à une mystérieuse demeure. Assombri par les secrets qu'il renferme et par la haute foret qui l'enserre, le domaine Marchère est aussi majestueux qu'inquiétant. A son arrivée, elle veut croire en son jeune mari. Candre Marchère est un homme de nom, une âme pieuse et riche. Malgré sa froideur, Aimée lit en lui une attention qui la touche. Pourtant, un doute persiste. A peine un frôlement. Lentement, elle étouffe... Mais d'où vient ce malaise grandissant ?

    Huit clos qui glisse peu à peu vers un polar, Seule en sa demeure nous tient en haleine et nous envoûte. De sa belle plume poétique et rythmée, Céline Coulon fait éclore des images saisissantes. Son roman, patiné d'un charme désuet, est un petit bijou impossible à lâcher.

  • Revenir à toi

    Léonor de Récondo - Ed. Grasset

    Lorsque Magdalena apparaît sur le seuil de la cuisine à son retour du collège, les regards se figent sur elle et les mots la frappent de plein fouet : « maman est partie ». Aucune explication n'accompagnera cette annonce abrupte et bientôt, c'est son père qui prendra les voiles. Le désarroi et l'immense tristesse qui submergent l'adolescente ne l'empêcheront pourtant pas de garder le cap. Jouer la comédie sur les planches lui apporte un répit salvateur et lui permettra de devenir une actrice reconnue. Trente ans plus tard, lorsque Magdalena apprend que sa mère a été retrouvée, tout vacille. Comment réagir à cette nouvelle après avoir passé toute une vie à hacher menu le mot « maman » ? Comment imaginer des retrouvailles après tant d'années à s'interroger sur l'absence, tenter de s'y soumettre et de s'y conformer ?

    Quel plaisir de retrouver l'écriture de Léonor De Récondo, limpide, sensible, sans fard ni fioritures. Ce roman bouleversant nous prouve à nouveau l'étendue de son talent.

  • L'Île du Docteur Faust

    Stéphanie Janicot - Ed. Albin Michel

    Que voulait le Faust de Goethe quand il a signé un pacte avec le diable ? La jeunesse éternelle ? La connaissance absolue ? L'amour ? Une vie d'aventure ? Qu'est-il devenu depuis tout ce temps ?

    L'île du docteur Faust revisite le mythe de Faust avec ces sept femmes qui partent en cure sur une île mystérieuse au large de la Bretagne. Toutes ont reçu une mystérieuse invitation d'une médecin, qui se prénomme Faust (sûrement un pseudonyme de circonstance ?) et qui leur promet une nouvelle jeunesse.

    Récit de l'intime, récit de la vieillesse, récit des rêves oubliés et bafoués, ce livre raconte la peur de la vieillesse, la mystification de la jeunesse mais aussi de l'acceptation de ce que l'on est et de ce que la vie a fait de nous.

  • Dans les oiseaux

    Xavier Lapeyroux - Ed. Anne Carrière

    Imaginez-vous : vous êtes enseignant dans une grande école de cinéma. Vous faites des cours sur Hitchcock. Vous commencez à voir des corbeaux dans des endroits incongrus. Au JT, les journalistes annoncent des regroupements anormaux d'oiseaux. Votre femme est morte tuée par une de ces hordes ? Triste ironie du sort.

    Ironie du sort également que votre femme ressemble trait pour trait à l'actrice du film des Oiseaux de Hitchcock. Se pourrait-il qu'il y ait une faille entre la fiction et la réalité ? Pourrait-on recréer le film et sauver l'actrice qui ressemble tant à sa femme? Peut-être même est-ce elle ? Peut-être est-il possible de la réveiller du tréfonds de la mort ? Folie ? Oui. Mais peut être pas....

    Revisitez le film de Hitchcock, dans ce roman halluciné d'un homme qui n'accepte pas la mort de sa femme ; et de la même façon revisitez les histoires qui l'ont inspiré, tel la nouvelle Les Oiseaux de Daphné du Maurier ou Psychose du méconnu Robert Bloch...

  • Les petites choses

    L. Chaudouêt – Ed. L’Orpailleur

    Les petites choses est le dernier roman publié dans la collection l’Orpailleur. Nous lisons toujours avec beaucoup de plaisir les nouvelles parutions de cet éditeur. Il nous avait fait notamment découvrir l’auteur Pascal Carrère dont les romans ont su trouver leur place auprès de vous, chers lecteurs, et sur les étagères de la librairie. Un grand merci à Christophe Havot pour sa confiance. Ce roman, c’est l’histoire d’une femme, Madelaine, accusée du meurtre de son amant. Il y a ses entretiens avec le juge Philippe qui essaie de la comprendre, de la faire avouer. Très vite, il est subjugué par cette femme et tombe amoureux. Mais Madelaine ne peut plus aimer depuis la mort de son fils Simon. Elle est extérieure au monde et à sa propre vie. Seule sa sœur Mine paraît importante pour elle, désormais. Dans une écriture dense, l’auteure révèle une existence tourmentée où il est si complexe de trouver sa place. Il faut se laisser happer par cette femme et son histoire : il est difficile de l’aimer au départ car elle est fière mais peu à peu elle se livre, malgré elle, et on la comprend un peu mieux...

  • Shuggie Bain

    Douglas Stuart – Ed. Globe

    Ce premier roman se déroule à Glasgow dans les années 80, sous l’ère de Margaret Thatcher. Dans la grisaille de cette ville, nous touchons du doigt la misère économique et sociale du nord de l’Angleterre de cette époque.

    Annie, une très belle femme de 39 ans, a quitté son premier mari catholique pour épouser un chauffeur de taxi, protestant. Ce second époux est finalement lui aussi volage et la délaisse. Elle rêve d’une vie meilleure et bascule peu à peu dans l’alcool. Elle assiste impuissante au départ de ses deux premiers enfants qui veulent essayer de réussir leur vie, ailleurs. Seul Shuggie, son dernier fils, lui voue un amour sans condition et ne la quittera jamais. « Je t’aime, maman. Je ferai n’importe quoi pour toi » . Il sera toujours là pour elle… Douglas Stuart nous révèle cette pauvreté terrible : il dresse un magnifique portrait de Shuggie, sorte d’Oliver Twist qui nous émeut tout au long de notre lecture. Ce garçon, souffre-douleur depuis sa plus tendre enfance, fait preuve d’un courage inouï face à la détresse de sa mère. Récompensé par le Booker Prize en 2020, ce roman est une chronique sociale d’une grande force !

  • L'Ours

    Andrew Krivak – Ed. Globe

    C’est l’histoire d’un père qui vit seul, en autarcie, au beau milieu de la nature. Sa compagne est morte après avoir donné la vie à leur enfant et, depuis ce jour-là, l’homme élève la petite fille au fil des saisons, dans une cabane construite près d’un lac en pleine forêt.

    C’est l’histoire d’une enfant qui apprend à connaître la nature et le passé des siens à travers la présence de son père. Elle n’a jamais vu d’autres humains mais elle sait chasser, tanner les peaux, reconnaître les fruits comestibles et écouter la voix des arbres.

    C’est l’histoire d’un ours qui rôde dans la forêt. Le moment venu, son destin se mêlera à celui, si solitaire, de la fillette.

    Andrew Krivak nous offre un récit saisissant dans lequel la poésie et l’onirisme rencontrent la brutalité mélancolique de la nature. Dans une langue parfaitement maîtrisée, l’auteur nous pousse à nous questionner sur la place que l’homme occupe au sein de la nature, sur la permanence de nos idéaux et sur la notion de transmission.

  • Les Contreforts

    Guillaume Sire – Ed. Calmann Lévy

    Quel enfant n’a pas un jour rêvé de vivre dans un château médiéval, perché au sommet d’une colline et ceint d’épais remparts aux meurtrières étroites par lesquelles il observerait son domaine d’un œil acéré ? S’il fait toujours rêver les enfants, le château de Montrafet menace de s’écrouler. La famille Testasecca, qui l’habite depuis des générations, peine à le maintenir en état alors que le temps et la nature érodent l’édifice de manière implacable. Et lorsque le château est frappé d’un arrêté de péril et que les Testasecca sont menacés d’expulsion, la mécanique qui anime le destin des personnages se met en marche. Léon, le père vigneron, son épouse Diane et leurs enfants, Clémence et Pierre, décident de rester au château pour tenir le siège.

    Guillaume Sire nous embarque avec brio au milieu des vignes et des collines où résonnent les légendes des terres audoises. Le lecteur se perd dans le château de Montrafet, s’attache aux pas des personnages qui parcourent les sentiers et se laisse emporter par le drame qui se joue sous ses yeux.