Ceux qui partent

Jeanne Benameur - Ed. Actes Sud

Comme dans ses précédents romans (Laver les ombres, Profanes ou bien encore Otages intimes), Jeanne Benameur m’accueille, me dévoile ses personnages avec douceur…

1910, à Ellis Island. Le temps est comme suspendu pendant une journée et une nuit. Ceux qui sont partis se retrouvent bloqués sur cette île. On doit décider de leur sort.

Il y a Emilia et son père, des italiens aisés qui ont choisi l’exil pour se reconstruire après la mort de la mère d’Emilia. Esther, arménienne, a tout perdu : elle espère retrouver sa liberté en Amérique. Gabor le gitan quant à lui cherche à échapper à son clan afin de retrouver sa solitude.

Puis il y a le jeune Andrew, photographe. Américain depuis deux générations, il cherche à retrouver ses racines, car dans sa famille c’est un sujet que l’on aborde pas.

Ce texte, très introspectif, est fort, émouvant. Chaque moment vécu devient une photographie, un instantané. Le temps de la lecture est comme suspendu. C’est un hommage magnifique à ceux qui partent, qui osent tout quitter pour l’inconnu.